Plaque avec représentation d'un
pilastre et de sa base, entourés
d'imitation de marbre.

Îlot Turmel.
Metz.
© Photo : CCEL / DRAC 57 / MCOM

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Atelier Alain Wagner

Restauration, Conservation
du Patrimoine Historique et Archéologique

Peintures Murales

'Le principe de la peinture a consisté à tracer, grâce à des lignes, le contour d'une ombre humaine.' Pline l'Ancien

Créée il y a plus de 3000 ans, la fresque est une technique de peinture murale qui consiste à appliquer, sur un enduit frais, des pigments d’origine minérale(terres argileuses, silicates…) Sur le gobetis (couche d’accroche), un mortier de chaux et de sable est appliqué en couches successives, de “l’arriccio”, couche rugueuse, à “l’intonaco”, dernière couche très fine destinée à recevoir la couche picturale. Après esquisse, les peintres travaillent, déposant et lissant les pigments, sur ce dernier enduit encore humide. Lors du séchage, sous l’effet du contact avec le gaz carbonique, va se produire un phénomène de carbonatation (formation d’une pellicule calcaire dans laquelle la couleur se retrouvera englobée), qui aura pour effet le durcissement et la cristallisation de la couche picturale. Après un long travail de recherche de collages, la restauration de peinture consiste à restituer les volumes, les lignes directrices et les tons des ensembles originaux. La consolidation du mortier fragilisé par des siècles d’ensevelissement, est une partie importante du travail.

Reconstitution du décor peint d’une pièce d’habitation de l’insula 10 Est.

Début du IIIème siècle de notre ère.

© Photo : Fibbi - Aeppli / SMRA

Site archéologique gallo-romain de Grand. CD 88 (Fr). Six ensembles d'enduits peints fragmentaires, et trois graffiti.
Musée du Pays de Sarrebourg (Fr). Voûte coquillée stuquée des thermes de la villa de St Ulrich, Dolvin.
Musée du Pays de Sarreboug (FR). Petites niches des thermes de la villa de St Ulrich, Dolvin.
Parc archéologique Européen de Bliesbruck- Rheinheim / CG 57 (FR / D). Plafond à réseau, quartier artisanal Est.
Centre de conservation et d'études de Lorraine / DRAC 57 (FR). 'Plinthe', 'Bordure ajourée' et 'Nature morte'.
Centre de conservation et d'études de Lorraine / DRAC 57 (FR). Fragment de décor à réseau.
Centre de conservation et d'études de Lorraine / DRAC 57 (FR). 'Paysage' , 'Personnage' et 'Zone inférieure et médiane de mur'
Centre de conservation et d'études de Lorraine / DRAC 57 (FR). 'Sous-plinthe rouge et imitation de marbre', 'Avant-bras' et 'Orteils'
Grand Lyon Habitat / Service archéologique de la ville de Lyon (F). Frises médievales. Rue St Jean, Lyon.
Musée d'Archéologie et d'Histoire, Lausanne (CH). Peintures provenant de Lussery- Villars.
Site et Musée romains d'Avenches (CH). Chambre voûtée de l'Insula 10.
Site et Musée romains d'Avenches (CH). Le décor à fond noir et guirlandes du Palais de Derrière la Tour.
Site et Musée romain d'Avenches (CH). Peintures de l'Insula 12.
Site et Musée romains d'Avenches (CH). Peinture à fond jaune de l’insula 1.
Musées romains de Nyon et d'Avenches (CH). Plusieurs graffitis figuratifs restaurés.
Site et Musée romain d'Avenches (CH). Peinture au décor au bouclier, Palais de Derrière la Tour.
Site et Musée romains d'Avenches (CH). Le décor de l’abside du triclinium du Palais de Derrière la Tour.
Site et Musée romains d'Avenches (CH). Le décor de l’abside du triclinium du Palais de Derrière la Tour.
Privé. Venezia (I)

Site archéologique gallo-romain de Grand. CD 88 (Fr). Six ensembles d'enduits peints fragmentaires, et trois graffiti.

Issus des fouilles de "l'espace urbain de la rue Ruisseau" à Grand, ces ensembles d'enduits, retrouvés dans la couche de démolition ou dans le mille-feuille de parois effondrées, sont très fragmentaires et leur surface picturale relativement fusée ou dégradée. L'intervention consiste à nettoyer les fragments terreux et présentant quelques restes d'encollage du prélèvement, consolider et protéger surfaces et mortiers, remonter les enduits sur support moderne. Deux grands ensembles seront posés sur panneaux nid d'abeille, les autres plaques et les graffiti sur galettes, afin d'en faciliter la manipulation en limitant les risques de détérioration du mortier antique et de la couche picturale.

© Site de Grand, Vosges (Fr).

Musée du Pays de Sarrebourg (Fr). Voûte coquillée stuquée des thermes de la villa de St Ulrich, Dolvin.

Cet ensemble découvert à la Villa de St Ulrich, Dolving, faisait partie de l’aménagement des thermes. Il ornait plusieurs voûtes en cul de four des absides du frigidarium. Les fragments en stuc blanc comportent encore des traces de bleu égyptien. Le développement de la voûte est défini, après une intense recherche, en fonction de la courbure et de l'évasement des nervures de fragments ainsi que des dimensions architecturales des absides. Les impressionnantes dimensions (180 x 86 x 75 cm) nous amènent à créer un support imposant, léger et stable. La structure est réalisée à l'aide d'époxy, de tissu de fibres de verre, de bois et de mousse expansive, et d'enduits minéraux pour la finition et le modelé des cannelures.

I er - II ème siècle de notre ère.

© Photo : AAW / MPS

Musée du Pays de Sarreboug (FR). Petites niches des thermes de la villa de St Ulrich, Dolvin.

À l'instar de la voûte, cet ensemble décorait le frigidarium des thermes de la villa de St Ulrich de Dolving. Il provient soit de la partie médiane, soit de la partie haute du décor. L'étude démontre qu'il y avait au minimum huit niches, profondes de deux centimètres, et de deux hauteurs différentes disposées en alternance. Après nettoyage et traitements, nous créons un support restituant ces volumes afin d'y intégrer les fragments.

I er - II ème siècle de notre ère.

© Photo: MPS/AAW

Parc archéologique Européen de Bliesbruck- Rheinheim / CG 57 (FR / D). Plafond à réseau, quartier artisanal Est.

Composition orthogonale faite à partir d'octogones irréguliers à quatre côtés concaves, déterminant des cercles. Plafond dont le motif est traité par moitié et s'appuie sur une bande rouge qui souligne un angle de ressaut, départ de mur. Présence de tracé préparatoire à la surface picturale.

En savoir plus sur le site.

Mise sur panneau des fragments, fabrication d'un panneau reprenant l'angle du plafond, mortier d'intervention allégé, mortier de finition à base d'argile, de chaux et de poudre de marbre, et restitutions du décor avec pigments et liants naturels.

TAQ.Ier-TPQ.VIème siècle de notre ère.

© Photos : AAW / CG 57

Centre de conservation et d'études de Lorraine / DRAC 57 (FR). 'Plinthe', 'Bordure ajourée' et 'Nature morte'.

Ces trois ensembles proviennent de la Rue Marchand à Metz.

La plinthe, tombée face au sol, fut prélevée par encollage d'une gaze et d'une toile, et une partie des fragments furent collés entre eux sommairement pour conserver leurs liaisons. L'intervention a consisté à démonter les collages existants, à nettoyer minutieusement, consolider et stabiliser chacun des fragments de 18 ensembles avant de les remonter sur un panneau. Une restitution légère des lignes principales est réalisée sur le mortier final.

La restauration de la bordure ajourée, découverte en vrac, est effectuée selon le même protocole.

La nature morte est, quant à elle, posée sur une galette après nettoyage et consolidation.

Lien vers l’étude des peintures de Metz.

Bordure ajourée, I er siècle de notre ère, rue Marchand, Metz.

© Photo : CCEL / DRAC 57 / MCOM

Centre de conservation et d'études de Lorraine / DRAC 57 (FR). Fragment de décor à réseau.

Cet ensemble d'enduit peint, provenant du lieu-dit 'Ancienne Chambre des Métiers' de Metz, forme un décor à réseau de très grande qualité. Un quadrillage oblique constitué de bandes bleues et rouges se dégage sur un fond blanc. Les carrés sont chargés de cercles contenant en alternance des motifs figuratifs de tête de Méduse et de petit personnage, sans doute un Eros. L'intervention a consisté en un nettoyage fin de surface avec retrait des terres incrustées et des concrétions, à consolider, et remonter sur panneau les fragments conservés. Un mortier minéral est appliqué et une restitution des lignes du décor est réalisée au pinceau, avec des produits naturels.

I er / II ème siècle de notre ère.

© Photo : CCEL / DRAC 57 / MCOM

Centre de conservation et d'études de Lorraine / DRAC 57 (FR). 'Paysage' , 'Personnage' et 'Zone inférieure et médiane de mur'

Ces ensembles proviennent du lieu-dit 'Îlot Turmel' à Metz.

L'état de conservation du 'paysage avec petit édicule bleu', particulièrement instable (friabilité, écaillage), a nécessité une consolidation structurelle générale. Stabilisé, l'ensemble est posé sur panneau. Une restitution des principaux éléments du décor est faite sur le mortier final.

Le personnage, les ensembles, zones de paroi inférieure et médiane, dont le décor est composé de faux marbre et de pilastres, sont, après traitement, posés sur des galettes permettant leur intégration en prévision d'un remontage restituant la totalité de la paroi.

Paysage avec petit édicule bleu.

Îlot Turmel, Metz.

II-III ème siècle de notre ère.

© Photo : CCEL / DRAC 57 / MCOM

Centre de conservation et d'études de Lorraine / DRAC 57 (FR). 'Sous-plinthe rouge et imitation de marbre', 'Avant-bras' et 'Orteils'

Ces ensembles proviennent de la fouille de 'Ste Chrétienne' à Metz.

La plinthe, prélèvement très instable, présente deux phases de décor. Une fois stabilisé, l'ensemble est posé sur galette de manière à rendre visible le premier état dans deux zones lacunaires du dernier.

Les fragments figuratifs sont également posés et conservés sur galettes. Après nettoyage et consolidation, ils reçoivent à l'arrière un mortier d'intervention et sont ensuite posés sur de petites plaques à structure en nid d'abeille, les protégeant et pouvant être fixées à la verticale. l'avant-bras et le pied, proviennent du vrac de la fouille. L'avant-bras, à fond bleu et décor végétal, présente un angle en partie haute. Les orteils sont associés à un autre fragment, qui serait à mettre en relation directe.

?Avant-bras de 'Ste Chrétienne'

I er - II ème siécle de notre ère.

© Photo : CCEL / DRAC 57 / MCOM

Grand Lyon Habitat / Service archéologique de la ville de Lyon (F). Frises médievales. Rue St Jean, Lyon.

Découverte en 1981, cette peinture est en place au deuxième étage d'un immeuble du XV ème siècle. Cette frise, au motif de groupe de deux fleurons enchaînés, blanc sur fond bistre, court le long des murs en appuyant la structure du plafond. L'étude a permis d'établir le XVI ème siècle comme terminus post-quem. Après dépose réalisée par stracco fin, la peinture est collée sur de fins supports en polyester qui reprennent le développement de la frise. Les zones lacunaires sont comblées par tratteggio. Lors de la rénovation de l'immeuble, les panneaux de frises sont restaurés. Consolidation, et stabilisation générale, renforts des supports, nouveau mortier de finition et protection en plexiglas mise en place.

© Photo : AAW / SAVL / GLH

Musée d'Archéologie et d'Histoire, Lausanne (CH). Peintures provenant de Lussery- Villars.

Suite au prélèvement de plus de 25 m² d'enduits effectué par l'atelier sur le site de Lussery- Villars, (voir 'Prélèvements'), un intense travail de dégagement et de restauration est engagé. Le volume de 107 coques plâtrées est extrait, la disposition des plaques documentée, et les plaques mises sur support réversibles. Les fragments d'enduit isolés (67 cagettes), et les enduits posés sur plaque, sont en totalité nettoyés, consolidés, stabilisés, et conditionnés. L'ensemble présent dans cette zone de fouille est à disposition pour étude.

Vrac en cagette.

I er siècle de notre ère.

© Photo: SACV / MCAH / AAW

Site et Musée romains d'Avenches (CH). Chambre voûtée de l'Insula 10.

Découverte en 1969, cette peinture a nécessité un travail titanesque de recherche de la part des spécialistes et des conservateurs-restaurateurs . Les principaux éléments du décor : Amour et Psyché, un personnage féminin portant une torche, 4 représentations de saisons et 4 tableaux de nature morte. Faute de place, la décision est prise de présenter uniquement la zone sommitale et les trois-quarts de son développement total original dans l'exposition permanente. Le collage des fragments concaves a défini le rayon du plafond voûté. Des supports spécialement conçus reprennent le développement original de la pièce. Application d'un mortier d'intervention léger et d'un mortier de finition réversibles. Restitution des lignes maîtresses du décor.

III ème siècle de notre ère.

© Photo: Fibbi - Aeppli / SMRA

Site et Musée romains d'Avenches (CH). Le décor à fond noir et guirlandes du Palais de Derrière la Tour.

Cette peinture du Palais de Derrière la Tour devait se situer dans un des espaces jouxtant la cour-jardin. Le décor principal se résume à un fond noir, agrémenté de guirlandes de petites feuilles multicolores. Les culots des guirlandes sont fixés par un ruban aux ailes d’un personnage fantastique, peut-être une sirène. Au-dessus, apparaît les négatifs de chevrons d’une charpente. Eu égard à la très bonne qualité de conservation des fragments et à la délicate facture des motifs, il est décidé de mettre cette peinture sur panneau, de façon à la présenter au public. Par ailleurs, il nous a paru intéressant de mettre en valeur les caractéristiques du haut de paroi

II ème siècle de notre ère.

© Photo : SMRA

Site et Musée romain d'Avenches (CH). Peintures de l'Insula 12.

Ces peintures proviennent des fouilles de l’insula 12 en 1986. Au-dessus d’une plinthe de faux-marbre blanc moucheté de jaune et de noir compartimentée par des filets verticaux noirs, se développe une succession de panneaux blancs délimités par des bandes d’encadrement jaunes et rehaussés de filets intérieurs noirs. Ces peintures découvertes sur le sol antique ont été prélevées et restaurées. Afin de connaître le décor de sa couche picturale et de conserver le positionnement des fragments, les archéologues et les conservateurs-restaurateurs décident de prélever l’ensemble par plaques. Vingt ans plus tard, la restaution est entreprise.

Peintures de l'insula 12

Avenches.

© Photo : SMRA

Site et Musée romains d'Avenches (CH). Peinture à fond jaune de l’insula 1.

Provenant de l'insula 1, ces ensembles sont prélevés méticuleusement en 1972 par le restaurateur W. Eymann. De cet ensemble exceptionnel, seule une partie sera remontée et posée dans du plâtre. En 1985, A.R. Glauser démonte quatre ensembles et les repose sur panneau en aramide à structure en nid d'abeille et fibres de verre. Le décor de ces quatre panneaux est un satyre dansant sur une ombelle de candélabre entouré de deux hampes, l’une terminée en caducée, l’autre en thyrse, Après étude, et dans le cadre de la rénovation de la salle du deuxième étage du Musée, il apparaît que deux panneaux se juxtaposent, il est nécessaire de les découper et de faire un mortier de jonction. II ème siècle de notre ère.

© Photo : SMRA

Musées romains de Nyon et d'Avenches (CH). Plusieurs graffitis figuratifs restaurés.

En prévision de l'exposition 'Les murs murmurent' au Musée romain de Vidy (2008), plusieurs graffitis sont restaurés.

Après le nettoyage et la consolidation de la surface picturale, ils reçoivent à l'arrière un mortier d'intervention. Ils sont ensuite posés sur de petites plaques de panneau à structure de nid d'abeille les protégeant et pouvant être fixés à la verticale.

En savoir plus sur l'exposition.

Scène de chasse

II ème siècle de notre ère

Insula 1

Avenches

© Photo : SMRA / MRN

Site et Musée romain d'Avenches (CH). Peinture au décor au bouclier, Palais de Derrière la Tour.

Pour l'exposition temporaire au Musée « Palais en puzzle » (2011), le décor d'un couloir, découvert en 1997 est mis sur panneau. Son décor conservé représente à gauche, dans un encadrement vert, un bouclier d'où émerge une lance, pointe offensive orientée vers le haut. À droite, dans un encadrement intérieur rouge foncé bordé de blanc, de la végétation est présente. Après l'application d'un mortier d'intervention au revers, cet ensemble est posé sur un panneau aluminium à structure en nid d'abeille. Un mortier minéral appliqué sur les zones lacunaires. II ème siècle de notre ère.

Palais de derrière la Tour

Avenches

© Photo : SMRA

Site et Musée romains d'Avenches (CH). Le décor de l’abside du triclinium du Palais de Derrière la Tour.

Ce petit ensemble est découvert dans l'abside semi-circulaire à l’extrémité méridionale du triclinium d’été. Il représente une silhouette de sphinge accroupie, tournée de trois-quarts vers la droite, les pattes tendues et les ailes repliées. Il appartient à la zone médiane, la moins bien conservée et ce n’est qu’à l’aide d’infimes traces de couleurs ou de formes en négatif, que les chercheurs ont réussi à restituer le motif.

La restauration de ce panneau a nécessité la création d'un support correspondant au rayon de l'abside, à l'aide de charge réactive, de résines acryliques copolymérisées et tissu en fibre de verre. De plus, une consolidation générale des fragments est faite à l'aide de dispersion de nano-particules de chaux.

II ème siècle de notre ère.

© Photo : SMRA

Site et Musée romains d'Avenches (CH). Le décor de l’abside du triclinium du Palais de Derrière la Tour.

Ce panneau est le plus grand ensemble, et le mieux conservé, de l'abside semi-circulaire à l’extrémité méridionale du triclinium d’été. Il a pour décor un inter-compartiment noir à élément décoratif, puis un compartiment de mêmes dimensions que le précédent, dont le rectangle central arbore une imitation de marbre rose à veines bordeaux et à inclusions bleues et saumon. L'ensemble est très fusé mais, après étude, révèle le décor central de la pièce.

Cet imposant ensemble a nécessité la création d'un panneau concave, résistant à la déformation. Pour ce faire, nous avons utilisé de la céramique de laminage et un tissu fibres de verre.

II ème siècle de notre ère.

© Photo : SMRA

Privé. Venezia (I)

Pièce en tadelakt dans un palazio. © : AAW